Exonération rachat assurance-vie : licenciement, invalidité
Exonération d'impôt d'un rachat d'assurance-vie en cas de licenciement, invalidité, retraite anticipée ou liquidation judiciaire : conditions, délai et prélèvements sociaux 2026.
Un rachat d'assurance-vie est totalement exonéré d'impôt sur le revenu lorsqu'il fait suite à un licenciement, une mise à la retraite anticipée, une invalidité de 2e ou 3e catégorie ou une liquidation judiciaire touchant le souscripteur, son conjoint ou son partenaire de Pacs. Cette exonération, prévue par l'article 125-0 A du Code général des impôts, joue quelle que soit l'ancienneté du contrat, à condition que le rachat intervienne avant la fin de l'année qui suit l'événement. Les prélèvements sociaux de 17,2 pour cent restent toutefois dus. À jour au juin 2026.
Avertissement. Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil patrimonial. L’éligibilité à l’exonération dépend de la nature exacte de l’événement et de sa qualification (licenciement plutôt que rupture conventionnelle, mise à la retraite par l’employeur plutôt que départ volontaire). Vérifiez votre situation avec votre assureur et, si besoin, avec un Conseiller en Gestion de Patrimoine inscrit à l’ORIAS avant de demander le rachat.
Perdre son emploi, être reconnu invalide ou voir son entreprise liquidée constitue un choc financier qui pousse souvent à puiser dans son épargne. Dans ces situations, le législateur a prévu un mécanisme protecteur : les produits d’un rachat d’assurance-vie peuvent être totalement exonérés d’impôt sur le revenu, même si le contrat a moins de huit ans. Encore faut-il connaître les quatre cas précis qui ouvrent ce droit, la condition de délai et les justificatifs à fournir. Ce guide détaille chaque situation à partir des textes officiels en vigueur en 2026.
Les quatre accidents de la vie qui exonèrent le rachat
L’article 125-0 A du Code général des impôts[1] prévoit que les produits d’un rachat d’assurance-vie sont exonérés d’impôt sur le revenu lorsque le dénouement du contrat résulte de l’un des quatre événements suivants, frappant le souscripteur, son conjoint ou son partenaire de Pacs. Le service-public.fr[2] les récapitule clairement.
Le licenciement. Il vise la rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur. C’est le cas le plus fréquemment invoqué. La rupture conventionnelle, négociée d’un commun accord, ne constitue pas un licenciement au sens strict et n’ouvre pas droit, selon la doctrine, à l’exonération sur ce fondement.
La mise à la retraite anticipée. Là encore, il s’agit d’une décision prise à l’initiative de l’employeur, et non d’un départ volontaire en retraite ou d’une démission. La nuance est déterminante : un assuré qui choisit lui-même de liquider sa retraite ne peut pas bénéficier de l’exonération.
L’invalidité de 2e ou 3e catégorie. Elle correspond aux catégories définies à l’article L341-4 du Code de la sécurité sociale : les personnes absolument incapables d’exercer une profession quelconque (2e catégorie) et celles qui, en plus, ont besoin de l’aide d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie (3e catégorie). La 1re catégorie d’invalidité n’est pas concernée.
La liquidation judiciaire. Ce cas vise plus particulièrement les travailleurs indépendants : l’exonération s’applique en cas de cessation de l’activité non salariée du souscripteur ou de son conjoint à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire.
Dans les quatre cas, l’exonération est totale sur l’impôt sur le revenu et joue indépendamment de l’ancienneté du contrat. Un contrat de deux ans, qui serait normalement taxé à 12,8 pour cent, échappe ainsi à toute imposition sur le revenu si le rachat répond aux conditions.
La condition de délai à ne pas manquer
L’exonération n’est pas acquise sans limite de temps. La doctrine fiscale BOFiP[3], dans son document BOI-RPPM-RCM-10-10-80, précise au paragraphe 101 que l’exonération s’applique aux produits perçus jusqu’au dénouement du contrat, à condition que ce dénouement intervienne avant la fin de l’année qui suit celle de la réalisation de l’événement.
Concrètement, prenons un licenciement notifié en mars 2026. Le rachat exonéré peut être effectué jusqu’au 31 décembre 2027. Au-delà de cette date butoir, le rachat redevient soumis au régime fiscal de droit commun, c’est-à-dire au prélèvement forfaitaire calculé selon l’ancienneté du contrat. Cette règle des deux années civiles est impérative.
Il faut donc agir sans tarder et, surtout, conserver les justificatifs de l’événement : lettre de licenciement, notification d’invalidité de la caisse primaire d’assurance maladie, ou copie du jugement de liquidation judiciaire. Ces pièces seront transmises à l’assureur lors de la demande de rachat. Pour bien comprendre la mécanique générale d’un retrait avant de chiffrer l’avantage, notre dossier sur le rachat partiel ou total d’une assurance-vie détaille les différentes formes de sortie.
Les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas
C’est le point le plus souvent mal compris, et il mérite d’être souligné. L’exonération prévue par l’article 125-0 A porte uniquement sur l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 pour cent, eux, restent dus sur la part de gains contenue dans le rachat, sans aucune exception liée à l’accident de la vie.
Ce taux de 17,2 pour cent se décompose en CSG (9,2 pour cent), CRDS (0,5 pour cent) et prélèvement de solidarité (7,5 pour cent). Sur la part de gains d’un rachat, il représente donc la seule fiscalité subie par un assuré exonéré d’impôt sur le revenu. Notre dossier dédié aux prélèvements sociaux assurance-vie 2026 détaille le mode de prélèvement, qui diffère selon que les gains proviennent du fonds en euros ou d’unités de compte.
Pour mesurer concrètement l’avantage, prenons un contrat de trois ans valorisé 50 000 euros, alimenté par 40 000 euros de versements nets, dont l’assuré rachète la totalité après un licenciement. La part de gains s’élève à 10 000 euros. En régime normal, ces 10 000 euros subiraient le prélèvement forfaitaire de 12,8 pour cent (1 280 euros) plus les prélèvements sociaux de 17,2 pour cent (1 720 euros), soit 3 000 euros de fiscalité. Grâce à l’exonération, seul subsiste le prélèvement social de 1 720 euros. L’économie d’impôt sur le revenu atteint donc 1 280 euros, soit la totalité de l’impôt qui aurait été dû.
Exonération sans condition d’ancienneté ni d’abattement
La particularité de cette exonération est qu’elle s’affranchit de deux mécanismes habituels de la fiscalité de l’assurance-vie : le seuil des huit ans et l’abattement annuel.
En régime de droit commun, un contrat de moins de huit ans ne donne droit à aucun abattement et ses gains sont taxés à 12,8 pour cent. Avec l’exonération pour accident de la vie, la part de gains échappe intégralement à l’impôt sur le revenu, sans avoir à attendre la huitième année. L’avantage est donc le plus marqué sur les contrats récents, pour lesquels la fiscalité normale serait la plus lourde.
Pour un contrat de plus de huit ans, l’exonération reste évidemment plus avantageuse que l’application de l’abattement de 4 600 ou 9 200 euros suivi du taux de 7,5 pour cent, puisqu’elle annule la totalité de l’impôt sur le revenu plutôt que de le réduire. La comparaison avec le calcul standard est utile : notre guide sur le calcul de la fiscalité d’un rachat en 2026 permet de chiffrer ce que l’on économise réellement par rapport au régime classique.
Un point d’attention toutefois : l’exonération concerne le rachat lié à l’événement, et non un fractionnement étalé sur plusieurs années postérieures à la date butoir. Une fois le délai des deux années civiles dépassé, l’assuré bascule dans le régime ordinaire et retrouve, le cas échéant, l’intérêt du fractionnement sous abattement.
Il faut enfin distinguer cette exonération du cas du dénouement par décès, qui relève d’une fiscalité de transmission entièrement différente. Ici, il s’agit bien d’un rachat du vivant de l’assuré, déclenché par un accident de la vie, et non d’un capital versé à un bénéficiaire désigné. Les deux régimes ne se cumulent pas et ne se confondent pas.
Qui peut invoquer l’exonération : souscripteur, conjoint, partenaire
L’exonération n’est pas réservée à la personne directement frappée par l’événement. Le texte vise le souscripteur ou son conjoint ou son partenaire de Pacs. Autrement dit, si l’un des deux membres du couple est licencié, mis à la retraite de manière anticipée ou reconnu invalide en 2e ou 3e catégorie, le rachat opéré sur le contrat de l’autre conjoint peut bénéficier de l’exonération.
Cette extension au foyer fiscal est précieuse en pratique : elle permet, par exemple, à un couple dont l’un des conjoints subit un licenciement de mobiliser n’importe lequel des contrats d’assurance-vie du ménage pour faire face à la baisse de revenus, en bénéficiant de l’exonération. La logique est protectrice et tient compte de la solidarité du foyer face à l’accident de la vie.
Pour les indépendants en liquidation judiciaire, la cessation d’activité non salariée du souscripteur ou de son conjoint constitue l’événement déclencheur. Là encore, le couple est pris en compte. Ces situations rejoignent parfois des problématiques de séparation ou de protection du conjoint : notre article sur l’assurance-vie et le divorce examine ce qu’il advient des contrats lorsque la situation familiale évolue.
La démarche pratique pour faire valoir l’exonération
La mise en oeuvre de l’exonération passe entièrement par l’assureur, qui est l’établissement payeur. C’est lui qui, au vu des justificatifs, n’appliquera pas le prélèvement forfaitaire sur la part de gains du rachat.
La procédure se déroule en quatre temps. D’abord, rassembler les pièces justificatives de l’événement (lettre de licenciement, notification d’invalidité de la sécurité sociale, jugement de liquidation). Ensuite, adresser à l’assureur une demande de rachat en précisant que le retrait relève d’un cas d’exonération de l’article 125-0 A et en joignant les justificatifs. Puis vérifier, à réception des fonds et de l’imprimé fiscal unique, que seuls les prélèvements sociaux ont été retenus. Enfin, conserver l’IFU pour la déclaration de revenus de l’année suivante.
Le BOFiP rappelle par ailleurs que le bénéfice de l’exonération suppose que le bénéficiaire autorise l’établissement payeur à communiquer son identité et son domicile fiscal à l’administration au moment du paiement. Cette formalité est généralement intégrée au formulaire de rachat. Vous pouvez retrouver les modalités générales de déclaration sur l’espace particulier d’impots.gouv.fr[4], et les repères marché côté assureurs sur le site de France Assureurs[5].
En cas de doute sur la qualification de l’événement (rupture conventionnelle plutôt que licenciement, 1re plutôt que 2e catégorie d’invalidité, départ volontaire plutôt que mise à la retraite), il est prudent de faire valider le dossier en amont. Les ressources de l’espace épargnants de l’AMF[6] et l’avis d’un Conseiller en Gestion de Patrimoine inscrit à l’ORIAS permettent de sécuriser la démarche avant tout retrait définitif.
Questions fréquentes
Un rachat d’assurance-vie après un licenciement est-il vraiment exonéré d’impôt ?
Oui, les produits contenus dans un rachat d’assurance-vie sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu lorsque le rachat fait suite au licenciement du souscripteur, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs. Cette exonération est prévue par l’article 125-0 A du Code général des impôts et confirmée par le service-public.fr. Elle s’applique quelle que soit l’ancienneté du contrat, y compris sur un contrat de moins de huit ans qui serait normalement taxé à 12,8 pour cent. La seule condition de fond est que le dénouement du contrat intervienne avant la fin de l’année qui suit celle du licenciement. Attention : l’exonération ne porte que sur l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 pour cent restent dus sur la part de gains du rachat. Il s’agit donc d’une exonération d’impôt sur le revenu, pas d’une exonération totale de toute fiscalité.
Quelle catégorie d’invalidité ouvre droit à l’exonération du rachat ?
L’exonération s’applique aux personnes classées en 2e ou 3e catégorie d’invalidité au sens de l’article L341-4 du Code de la sécurité sociale, c’est-à-dire les invalides absolument incapables d’exercer une profession quelconque (2e catégorie) et ceux qui, en plus, ont besoin de l’aide d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie (3e catégorie). La 1re catégorie d’invalidité, qui concerne les personnes capables d’exercer une activité réduite, n’ouvre pas droit à l’exonération. Le bénéfice de l’exonération vaut lorsque c’est le souscripteur, son conjoint ou son partenaire de Pacs qui se trouve dans cette situation. Comme pour les autres cas, le rachat doit intervenir avant la fin de l’année qui suit celle où l’invalidité a été reconnue, et seuls les prélèvements sociaux restent prélevés sur les gains.
La mise à la retraite anticipée donne-t-elle droit à l’exonération ?
Oui, la mise à la retraite anticipée du souscripteur, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs figure parmi les quatre cas d’exonération des produits d’un rachat d’assurance-vie. Le BOFiP précise toutefois qu’il s’agit d’une mise à la retraite à l’initiative de l’employeur, et non d’un départ volontaire en retraite ou d’une démission. La distinction est essentielle : un assuré qui prend lui-même la décision de partir ne peut pas invoquer l’exonération sur ce fondement. Comme pour les autres situations, le rachat doit être réalisé avant la fin de l’année suivant celle de la mise à la retraite anticipée, et les prélèvements sociaux de 17,2 pour cent demeurent dus sur la part de gains contenue dans le rachat.
Quel est le délai à respecter pour bénéficier de l’exonération ?
Le rachat, ou plus exactement le dénouement du contrat, doit intervenir avant la fin de l’année qui suit celle de la réalisation de l’événement (licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée ou liquidation judiciaire). Concrètement, si un licenciement est notifié en mars 2026, le rachat exonéré peut être effectué jusqu’au 31 décembre 2027. Au-delà de cette date, le rachat redevient soumis au régime fiscal de droit commun, calculé selon l’ancienneté du contrat. Ce délai est impératif et figure au paragraphe 101 de la doctrine fiscale BOI-RPPM-RCM-10-10-80. Il est donc recommandé de ne pas tarder et de conserver les justificatifs de l’événement pour les transmettre à l’assureur au moment de la demande de rachat.
Faut-il déclarer un rachat exonéré dans sa déclaration de revenus ?
Le rachat exonéré d’impôt sur le revenu doit tout de même figurer sur l’imprimé fiscal unique (IFU) transmis par l’assureur, et les prélèvements sociaux prélevés à la source y apparaissent. Pour faire valoir l’exonération, l’épargnant doit fournir à l’assureur, au moment du rachat, les justificatifs de l’événement ouvrant droit à l’exonération. Le BOFiP indique par ailleurs que le bénéfice de l’exonération suppose que le bénéficiaire autorise l’établissement payeur à communiquer son identité et son domicile fiscal à l’administration. En pratique, c’est l’assureur qui n’applique pas le prélèvement forfaitaire sur la part de gains une fois les pièces reçues. En cas de doute, il est prudent de valider le dossier avec l’assureur et, si nécessaire, avec un conseiller en gestion de patrimoine inscrit à l’ORIAS avant de demander le rachat.
Rappel de prudence. Les règles présentées reflètent la doctrine fiscale en vigueur en 2026. Toute évolution législative (loi de finances, réforme de la CSG) peut modifier les taux ou les conditions. La qualification exacte de l’événement déterminant l’exonération relève d’une analyse au cas par cas. Vérifiez votre éligibilité avec votre assureur et faites établir une simulation avant tout rachat définitif.
Approfondir
- Calcul fiscalité rachat assurance-vie 2026
- Rachat partiel ou total d’une assurance-vie
- Fiscalité assurance-vie 2026 : guide complet
- Abattement 4 600 ou 9 200 euros après 8 ans
- Prélèvements sociaux assurance-vie 2026
- Assurance-vie et divorce
Notes et références
- [https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044989424](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044989424)
- [https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F22414](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F22414)
- [https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/2279-PGP.html/identifiant=BOI-RPPM-RCM-10-10-80-20191220](https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/2279-PGP.html/identifiant=BOI-RPPM-RCM-10-10-80-20191220)
- [https://www.impots.gouv.fr/particulier](https://www.impots.gouv.fr/particulier)
- [https://www.franceassureurs.fr/](https://www.franceassureurs.fr/)
- [https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants](https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants)
Questions fréquentes
Un rachat d'assurance-vie après un licenciement est-il vraiment exonéré d'impôt ?
Quelle catégorie d'invalidité ouvre droit à l'exonération du rachat ?
La mise à la retraite anticipée donne-t-elle droit à l'exonération ?
Quel est le délai à respecter pour bénéficier de l'exonération ?
Faut-il déclarer un rachat exonéré dans sa déclaration de revenus ?
Comment cet article a été vérifié
- 6 sources officielles citées (AMF, ACPR, FFA, Banque de France, Notaires de France, Légifrance, impots.gouv.fr, Bercy).
- Rédigé par Claire Lefebvre, Conseillère en Gestion de Patrimoine indépendante (CGPI), certifiée AMF.
- Dernière revue éditoriale : 10 juillet 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux servis fonds euros, abattements fiscaux, plafonds CGI).
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