A Assurance Vie Guide
Sommaire (9)
  1. 01TL;DR
  2. 02Qui est considéré comme non-résident fiscal pour son assurance-vie
  3. 03La fiscalité des rachats pour un non-résident en 2026
  4. 04Les prélèvements sociaux : le vrai avantage du non-résident
  5. 05La transmission au décès : le prélèvement 990 I revisité pour le non-résident
  6. 06Ouvrir une assurance-vie quand on est déjà non-résident
  7. 07Le retour en France : ce qui redevient imposable
  8. 08En résumé : les bons réflexes du non-résident
  9. 09Questions fréquentes
Épargnant non-résident consultant les règles fiscales françaises de son assurance-vie sur un ordinateur portable en 2026
Assurance-vie

Assurance-vie non-résident fiscal : règles 2026

Assurance-vie et non-résident fiscal en 2026 : règles d'imposition des rachats, prélèvement 990 I au décès, exonération de prélèvements sociaux et contrats accessibles depuis

Claire Lefebvre
Publié le 10 juillet 2026 · mis a jour le 10 juillet 2026 · 15 min de lecture
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TL;DR

Être non-résident fiscal ne vous empêche pas de détenir une assurance-vie française, et vous n’avez presque jamais intérêt à la clôturer. Voici l’essentiel à retenir pour 2026 :

  • Garder son contrat est la règle : l’antériorité fiscale, donc le compteur des huit ans, continue de courir même quand vous vivez à l’étranger.
  • Les rachats sont taxés à la source en France : un prélèvement forfaitaire de 12,80 % en dessous de huit ans, de 7,5 % au-delà, sous réserve de la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence.
  • Les prélèvements sociaux de 17,2 % ne s’appliquent pas aux non-résidents sur ces revenus de placement, un allègement notable par rapport aux résidents.
  • Au décès, le prélèvement de 20 % de l’article 990 I peut ne pas être dû si le souscripteur avait son domicile fiscal hors de France dès la souscription.
  • Ouvrir un nouveau contrat depuis l’étranger reste compliqué : anticipez avant votre départ ou tournez-vous vers des contrats internationaux.

Cet article traite de la personne déjà installée hors de France ou qui souscrit sans être résidente française. Si vous êtes un Français sur le point de partir, notre guide dédié à l’assurance-vie de l’expatrié aborde plus en détail les démarches du départ.

Qui est considéré comme non-résident fiscal pour son assurance-vie

Un non-résident fiscal est une personne dont le domicile fiscal se situe hors de France au sens de l’article 4 B du Code général des impôts, quelle que soit sa nationalité. C’est ce statut, et non le passeport, qui commande la fiscalité de l’assurance-vie française.

Vous êtes non-résident fiscal lorsque votre foyer ou votre lieu de séjour principal, votre activité professionnelle principale, ou le centre de vos intérêts économiques se trouvent durablement à l’étranger. Un seul de ces critères suffit à faire basculer votre statut. Un Français installé avec sa famille et son emploi à Madrid est non-résident, tandis qu’un ressortissant étranger dont l’activité et le foyer sont en France peut, lui, être résident fiscal français.

Cette distinction est décisive parce qu’elle détermine trois choses pour votre contrat : le taux de prélèvement appliqué à vos rachats, votre exposition aux prélèvements sociaux, et le traitement des capitaux transmis à votre décès. L’administration fiscale rappelle que les revenus de placements financiers de source française perçus par un non-résident obéissent à des règles spécifiques, distinctes de celles des résidents, et souvent modulées par les conventions internationales.

Il faut aussi distinguer deux situations que l’on confond souvent. La première est celle du Français qui possédait déjà un contrat en France et qui devient non-résident : il conserve son contrat et bascule simplement dans un régime fiscal différent. La seconde est celle de la personne qui est déjà non-résidente et qui cherche à souscrire : ici, la difficulté n’est plus fiscale mais commerciale, car de nombreux assureurs refusent d’ouvrir un contrat à distance. Ces deux cas n’appellent pas les mêmes réponses, et nous les traitons séparément plus bas.

Enfin, gardez en tête que le statut n’est pas figé. Un aller-retour professionnel, un détachement de quelques mois ou une installation qui se pérennise peuvent modifier votre situation d’une année à l’autre. Chaque changement de résidence mérite d’être signalé à l’administration fiscale et à votre assureur, sous peine de voir vos prélèvements calculés à tort sur la base d’un statut qui n’est plus le vôtre.

La fiscalité des rachats pour un non-résident en 2026

Pour un non-résident, un rachat d’assurance-vie subit en France un prélèvement forfaitaire de 12,80 % si le contrat a moins de huit ans et de 7,5 % s’il a plus de huit ans, appliqué aux seuls gains et sous réserve de la convention fiscale. Le capital que vous avez versé, lui, n’est jamais taxé.

C’est le point le plus recherché et il mérite d’être posé clairement. Lorsque vous effectuez un rachat partiel ou total, l’assureur ne taxe que la part de gains (intérêts et plus-values) comprise dans le retrait. Selon l’administration fiscale, le taux du prélèvement dépend de l’ancienneté du contrat : 12,80 % pour un contrat détenu depuis moins de huit ans, 7,5 % pour un contrat détenu depuis plus de huit ans. Ces taux figurent noir sur blanc sur la page de l’administration dédiée à l’imposition des rachats des non-résidents. À jour au juillet 2026, ils constituent le régime de droit interne, avant application de toute convention.

Un cas particulier mérite l’attention : lorsque les sommes sont versées à des personnes établies dans un État ou territoire non coopératif, le taux grimpe à 75 %, quelle que soit la durée du contrat. Cette pénalité vise les juridictions non coopératives en matière de transparence fiscale et ne concerne pas la très grande majorité des épargnants.

Le rôle décisif de la convention fiscale

Les taux français ne sont qu’un point de départ. La France a signé des conventions fiscales avec un grand nombre de pays pour éviter qu’un même revenu soit imposé deux fois. L’administration précise que le prélèvement peut être réduit dans le cadre de ces conventions. Selon votre pays de résidence, le prélèvement français peut donc être diminué, supprimé, ou maintenu, et la convention désigne le pays qui a le droit d’imposer.

Il n’existe aucune règle universelle : deux non-résidents vivant dans deux pays différents peuvent supporter une fiscalité très différente sur un rachat identique. C’est pourquoi la lecture de la convention applicable, voire l’appui d’un conseiller connaissant les deux fiscalités, s’impose avant tout retrait significatif. Pour comprendre les taux de droit commun qui s’appliquent aux résidents et servent de base à ces conventions, notre guide de la fiscalité de l’assurance-vie en 2026 détaille les seuils et abattements.

L’antériorité fiscale, un atout qui survit à l’expatriation

Le seuil des huit ans conserve toute son importance pour un non-résident. Un contrat de plus de huit ans ouvre droit au taux réduit de 7,5 %, et l’abattement annuel de droit commun de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple imposé ensemble peut s’appliquer sur les gains, sous réserve de la convention. C’est la meilleure raison de ne jamais clôturer un contrat au moment de quitter la France : rouvrir plus tard remettrait le compteur à zéro et vous priverait de ces taux réduits pendant huit nouvelles années.

Les prélèvements sociaux : le vrai avantage du non-résident

Un non-résident n’est en principe pas soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 % sur les revenus de son assurance-vie française, ce qui allège nettement la note par rapport à un résident.

C’est l’un des rares domaines où le statut de non-résident joue clairement en votre faveur. Les prélèvements sociaux financent la protection sociale française. L’administration fiscale confirme que les non-résidents ne sont pas soumis à ces prélèvements sur leurs revenus de placement. Concrètement, un résident supporte 17,2 % de prélèvements sociaux en plus de l’impôt sur ses gains d’assurance-vie, là où le non-résident en est généralement exonéré.

Cet allègement doit toutefois être nuancé. Un prélèvement de solidarité de 7,5 % peut, dans certaines configurations, rester dû sur les revenus du patrimoine. La règle générale d’exonération des cotisations sociales concerne surtout les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse, protégées par la coordination européenne. Le mécanisme précis, ainsi que la distinction entre prélèvements sociaux et prélèvement de solidarité, est détaillé dans notre analyse des prélèvements sociaux sur l’assurance-vie.

Ce point mérite d’être anticipé, car il change souvent l’équation d’un rachat. Un épargnant qui hésitait à retirer des fonds en tant que résident, freiné par les 17,2 % de prélèvements sociaux, peut trouver la fenêtre du statut de non-résident nettement plus favorable, à condition que la convention fiscale n’annule pas ce gain par ailleurs.

La transmission au décès : le prélèvement 990 I revisité pour le non-résident

Au décès, les capitaux transmis par une assurance-vie peuvent échapper au prélèvement de 20 % de l’article 990 I du CGI lorsque, à la date de souscription du contrat, le souscripteur avait son domicile fiscal hors de France.

Voici la mécanique de droit commun, celle qui s’applique lorsque le souscripteur est résident français. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €, puis les capitaux transmis au-delà supportent un prélèvement de 20 %, qui passe à 31,25 % pour la fraction la plus élevée. Pour les primes versées après 70 ans, c’est un abattement global de 30 500 € qui s’applique, au-delà duquel les sommes réintègrent l’actif successoral. Ce régime est présenté en détail dans nos guides consacrés à l’article 990 I et aux primes versées avant 70 ans et à l’article 757 B pour les primes versées après 70 ans.

Le statut de non-résident modifie cette architecture. L’administration fiscale indique que le prélèvement de 20 % n’est pas dû lorsque, à la date de souscription du contrat, le souscripteur a son domicile fiscal hors de France. Autrement dit, ce n’est pas seulement la situation au moment du décès qui compte, mais aussi celle qui prévalait à l’ouverture du contrat. Une personne déjà non-résidente lorsqu’elle souscrit peut ainsi voir ses bénéficiaires exonérés de ce prélèvement spécifique.

Le cas du bénéficiaire résident français

La situation se complique lorsque le souscripteur vit à l’étranger mais que le bénéficiaire, lui, est résident fiscal français. Dans ce cas, des règles particulières encadrent la taxation, notamment selon la durée pendant laquelle le bénéficiaire a été domicilié en France au cours des années précédant le décès. Ces mécanismes visent à éviter qu’une expatriation de dernière minute ne serve à échapper à toute imposition française. Ils sont techniques et sensibles au calendrier, ce qui rend indispensable l’analyse d’un notaire ou d’un fiscaliste dès qu’un souscripteur non-résident a désigné des bénéficiaires résidant en France.

Le plan civil reste français

Sur le plan civil, tant que le contrat est de droit français, son dénouement au décès suit le droit français de l’assurance et respecte la clause bénéficiaire que vous avez rédigée. Le capital est transmis hors des règles classiques de la succession, dans les limites prévues par la loi. La fiscalité successorale appliquée, en revanche, dépend des résidences respectives de l’assuré et des bénéficiaires et des conventions fiscales sur les successions. Il est donc essentiel que votre clause bénéficiaire soit rédigée avec soin et tienne compte de votre situation familiale internationale. Le droit du pays de résidence peut d’ailleurs ne pas reconnaître le caractère hors succession de l’assurance-vie, ce qui rend l’accompagnement professionnel encore plus utile.

Ouvrir une assurance-vie quand on est déjà non-résident

Souscrire un nouveau contrat depuis l’étranger est nettement plus difficile que d’en conserver un : beaucoup d’assureurs français refusent la souscription aux personnes résidant hors de France, en particulier hors de l’Espace économique européen.

La difficulté n’est pas fiscale mais commerciale et réglementaire. Les compagnies invoquent leurs obligations de connaissance client, les contraintes de commercialisation transfrontalière et les exigences de lutte contre le blanchiment. Un non-résident qui contacte un assureur français de but en blanc se voit donc souvent opposer un refus, surtout si son pays de résidence est situé hors de l’Union européenne.

Plusieurs voies restent néanmoins ouvertes :

  • Anticiper avant le départ : la solution la plus simple consiste à ouvrir et alimenter un contrat tant que l’on est encore résident fiscal français, quitte à le laisser vivre ensuite depuis l’étranger. C’est la stratégie à privilégier chaque fois qu’un projet d’expatriation est identifié à l’avance.
  • Se tourner vers des contrats internationaux : certains contrats, notamment de droit luxembourgeois, sont conçus pour une clientèle mobile et multi-devises. Notre dossier sur l’assurance-vie luxembourgeoise en détaille les mécanismes de protection et les seuils d’accès, souvent plus élevés que ceux des contrats français grand public.
  • Vérifier l’éligibilité pays par pays : au sein de l’Espace économique européen, une partie des contrats en ligne français reste accessible. La liste des pays acceptés varie d’un assureur à l’autre et change régulièrement, il faut donc interroger directement la compagnie visée.

Dans tous les cas, avant de signer, vérifiez les conditions de gestion à distance : possibilité de réaliser des versements, d’arbitrer en ligne, et de joindre un conseiller depuis votre fuseau horaire. Un contrat que vous ne pouvez plus piloter perd une bonne partie de son intérêt.

Le retour en France : ce qui redevient imposable

Le jour où vous réinstallez durablement en France votre foyer et votre activité, vous redevenez résident fiscal français et votre assurance-vie retrouve la fiscalité de droit commun.

Deux changements interviennent alors. D’une part, les gains nouvellement constatés redeviennent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, l’avantage du non-résident disparaissant. D’autre part, vos rachats relèvent à nouveau du régime des résidents, avec le prélèvement forfaitaire unique et ses seuils. La bonne nouvelle, c’est que l’antériorité accumulée pendant votre séjour à l’étranger joue pleinement : un contrat ouvert depuis plus de huit ans reste éligible aux taux réduits et à l’abattement annuel, comme si vous n’étiez jamais parti.

Quelques réflexes facilitent ce retour. Informez votre assureur du changement de résidence pour rétablir l’accès complet aux opérations. Mettez à jour votre situation déclarative auprès de l’administration fiscale française afin que vos prélèvements soient calculés sur la bonne base. Revoyez enfin votre allocation entre fonds en euros et unités de compte en fonction de votre nouvel horizon et de vos projets sur le sol français. Pour poser ou revoir les bases du produit à cette occasion, notre guide complet de l’assurance-vie en 2026 reste un point de départ utile.

En résumé : les bons réflexes du non-résident

L’assurance-vie française traverse sans dommage un parcours international, à condition d’en connaître les règles. Conservez votre contrat pour préserver son antériorité, prévenez votre assureur de chaque changement de résidence, et surtout lisez la convention fiscale entre la France et votre pays d’accueil avant le moindre rachat. Retenez que les prélèvements sociaux de 17,2 % ne s’appliquent pas au non-résident, que les rachats subissent un prélèvement forfaitaire de 7,5 % ou 12,80 % selon l’ancienneté, et que le prélèvement de 20 % au décès peut ne pas être dû si le souscripteur était domicilié hors de France dès la souscription.

Chaque pays ayant ses propres conventions, aucune règle générale ne remplace une analyse personnalisée. Dès que l’assuré ou les bénéficiaires résident à l’étranger, l’appui d’un professionnel connaissant les deux juridictions reste le meilleur moyen de sécuriser votre situation et d’optimiser, en toute légalité, la fiscalité de votre épargne.

Questions fréquentes

Un non-résident fiscal peut-il garder son assurance-vie française ?

Oui, sans aucune difficulté. Devenir non-résident fiscal ne vous oblige jamais à clôturer un contrat français, et le conserver est presque toujours la meilleure décision. Le contrat garde son antériorité fiscale, c’est-à-dire le compteur des huit ans qui ouvre droit aux taux réduits et à l’abattement annuel. Vous devez seulement prévenir votre assureur de votre changement de résidence, car certaines compagnies restreignent les opérations en ligne selon le pays où vous vivez. La seule contrainte réelle concerne l’ouverture d’un nouveau contrat depuis l’étranger, souvent refusée.

Comment est imposé le rachat d’une assurance-vie pour un non-résident en 2026 ?

Seuls les gains contenus dans le rachat sont taxés, jamais le capital versé. Pour un non-résident, la France applique un prélèvement forfaitaire de 12,80 % si le contrat a moins de huit ans et de 7,5 % s’il a plus de huit ans. Un taux de 75 % s’applique lorsque les sommes sont versées vers un État ou territoire non coopératif. Ces taux peuvent être réduits, voire supprimés, par la convention fiscale signée entre la France et votre pays de résidence : lisez-la toujours avant un retrait important.

Un non-résident paie-t-il les prélèvements sociaux de 17,2 % sur son assurance-vie ?

En principe non. L’administration fiscale précise que les non-résidents ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux sur leurs revenus de placement. Ces prélèvements financent la protection sociale française et ne pèsent donc pas sur une personne rattachée à un régime social étranger. Attention toutefois : un prélèvement de solidarité de 7,5 % peut rester dû dans certaines situations, et le retour en France rétablit les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains constatés ensuite.

Le prélèvement de 20 % au décès s’applique-t-il si le souscripteur vit à l’étranger ?

Pas systématiquement. Le prélèvement de 20 % prévu par l’article 990 I du CGI, qui frappe les capitaux transmis au-delà de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire, n’est pas dû lorsque, à la date de souscription du contrat, le souscripteur avait son domicile fiscal hors de France. Cette exonération dépend donc du statut du souscripteur au moment de l’ouverture, et non uniquement du décès. La situation d’un bénéficiaire résident français est encadrée par des règles particulières à vérifier au cas par cas.

Un non-résident peut-il ouvrir une nouvelle assurance-vie depuis l’étranger ?

C’est possible mais difficile. De nombreux assureurs français refusent de souscrire un nouveau contrat à une personne résidant hors de France, en particulier hors de l’Espace économique européen, en raison de leurs obligations de connaissance client et de conformité. Certains contrats, notamment de droit luxembourgeois, sont conçus pour une clientèle internationale et multi-devises. Le plus simple reste d’ouvrir et d’alimenter un contrat tant que l’on est encore résident fiscal français.

Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles fiscales évoluent et varient selon les conventions internationales : rapprochez-vous d’un conseiller pour votre situation précise.

Questions fréquentes

Un non-résident fiscal peut-il garder son assurance-vie française ?
Oui, sans aucune difficulté. Devenir non-résident fiscal ne vous oblige jamais à clôturer un contrat français, et le conserver est presque toujours la meilleure décision. Le contrat garde son antériorité fiscale, c'est-à-dire le compteur des huit ans qui ouvre droit aux taux réduits et à l'abattement annuel. Vous devez seulement prévenir votre assureur de votre changement de résidence, car certaines compagnies restreignent les opérations en ligne (versements, arbitrages) selon le pays où vous vivez. La seule contrainte réelle concerne l'ouverture d'un nouveau contrat depuis l'étranger, souvent refusée.
Comment est imposé le rachat d'une assurance-vie pour un non-résident en 2026 ?
Seuls les gains contenus dans le rachat sont taxés, jamais le capital versé. Pour un non-résident, la France applique un prélèvement forfaitaire de 12,80 % si le contrat a moins de huit ans et de 7,5 % s'il a plus de huit ans, selon l'administration fiscale. Un taux de 75 % s'applique en revanche lorsque les sommes sont versées vers un État ou territoire non coopératif. Ces taux peuvent être réduits, voire supprimés, par la convention fiscale signée entre la France et votre pays de résidence : il faut donc toujours la lire avant un retrait important.
Un non-résident paie-t-il les prélèvements sociaux de 17,2 % sur son assurance-vie ?
En principe non. L'administration fiscale précise que les non-résidents ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux sur leurs revenus de placement. Ces prélèvements financent la protection sociale française et ne pèsent donc pas sur une personne rattachée à un régime social étranger. Attention toutefois : un prélèvement de solidarité de 7,5 % peut rester dû dans certaines situations, et le retour en France rétablit les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains constatés ensuite.
Le prélèvement de 20 % au décès s'applique-t-il si le souscripteur vit à l'étranger ?
Pas systématiquement. Le prélèvement de 20 % prévu par l'article 990 I du CGI, qui frappe les capitaux transmis au-delà de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, n'est pas dû lorsque, à la date de souscription du contrat, le souscripteur avait son domicile fiscal hors de France. Cette exonération dépend donc du statut du souscripteur au moment de l'ouverture, et non uniquement du décès. La situation du bénéficiaire résident français est encadrée par des règles particulières qu'il faut vérifier au cas par cas.
Un non-résident peut-il ouvrir une nouvelle assurance-vie depuis l'étranger ?
C'est possible mais difficile. De nombreux assureurs français refusent de souscrire un nouveau contrat à une personne résidant hors de France, en particulier hors de l'Espace économique européen, en raison de leurs obligations de connaissance client et de conformité. Certains contrats, notamment de droit luxembourgeois, sont conçus pour une clientèle internationale et multi-devises. Le plus simple reste d'ouvrir et d'alimenter un contrat tant que l'on est encore résident fiscal français.
La convention fiscale prime-t-elle sur les règles françaises ?
Oui. Les taux français de prélèvement s'entendent sous réserve de la convention fiscale bilatérale, qui peut les réduire, les supprimer ou désigner le pays autorisé à imposer. Deux non-résidents dans deux pays différents peuvent donc supporter une fiscalité très différente sur un même rachat. C'est pourquoi aucune règle générale ne remplace la lecture de la convention applicable à votre pays de résidence avant toute opération significative.

Comment cet article a été vérifié

  • 6 sources officielles citées (AMF, ACPR, FFA, Banque de France, Notaires de France, Légifrance, impots.gouv.fr, Bercy).
  • Rédigé par Claire Lefebvre, Conseillère en Gestion de Patrimoine indépendante (CGPI), certifiée AMF.
  • Dernière revue éditoriale : 10 juillet 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux servis fonds euros, abattements fiscaux, plafonds CGI).
  • Aucun lien d'affiliation déguisé, aucune recommandation personnalisée. Le site n'est pas immatriculé ORIAS / IAS (ce n'est pas un conseil en investissement au sens de l'article L.541-1 du Code monétaire et financier). Lire notre politique éditoriale.
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